DES ÉTOILES QUI BRILLENT DANS MES YEUX

DES ÉTOILES QUI BRILLENT DANS MES YEUX

 »Vivre, ce n’est pas seulement respirer. C’est aussi avoir le souffle coupé. »

Nous prenons plaisir à partager notre aventure aujourd’hui. Par contre en 1000 mots… C’est bien trop court. Et trop long à la fois…

‘Comment résumr tout ça en si peu, mais comment mettre des mots sur des sentiments, sur des sensations qui transpercent notre corps à l’instant T où elles sont vécues ?’

En bref, voici notre aventure…

Rêve éveillé

D’abord, lorsque je me suis inscrite pour le Canoë Trip, on me l’a présenté comme un voyage… Quand je l’ai vécu, c’était plutôt un rêve éveillé. Les appréhensions et la peur qui s’étaient enrouées dans ma gorge et dans ma poitrine se sont envolées à l’instant même où j’ai posé les yeux sur ce 1er lac du Varmland. Je n’avais jamais douté de la beauté du monde, ni de celle des hommes d’ailleurs, et c’est ici que j’ai pris conscience à quel point j’ai bien fait de ne jamais abandonner cette philosophie.

‘Je suis persuadée que ce voyage transforme l’humain. Je suis persuadée que les Canoe Trippers en reviennent changés.’

Si je devais utiliser des mots adéquats, je parlerai de dépassement de soi, de paysages comme nuls autres pareils, de couchés de soleils époustouflants, de liens uniques avec ma partenaire de pagaie mais aussi avec tous ceux qui ont croisé ma route durant cette semaine. J’utiliserai également le terme d’entraide, de bonté, d’attention à l’autre, de reconnexion à soi, de retour à l’essentiel, et bien d’autres encore.

Chaque jour, nous avons tenu un carnet de bord que nous aurions aimé vous partager, mais il est bien trop long. Voici pourquoi, ci-dessous, nous vous ouvrons notre cœur et vous partageons une toute petite partie de notre voyage, c’était le jour 7.

Le refuge 73

Un réveil-matin comme ça en devient l’habitude. Après une super nuit dans un autre coin de paradis, un chocolat chaud au vrai chocolat, deux craquettes au choco, une dose d’oxygène de la forêt, quelques photos et une vue de plaisir, on recharge le matos. En route vers le refuge 73.

Aujourd’hui, on pagaie le cœur léger, sous le soleil et avec beaucoup d’enthousiasme. On se laisse dériver quelques fois, on contemple le monde, on est parfaitement à notre aise sur le canoë et c’est tellement savoureux et plaisant. Nous savons que ce sont les derniers moments « into the wild » et ce sont ceux-là qui méritent d’être retenus.

C’est ce sentiment de plénitude, de liberté absolue, d’esprit léger.

Ce sont ces rituels qui nous manqueront bientôt, comme le petit tourbillon que fait ma pagaie à chaque fois qu’elle entre dans l’eau, ou encore la vue permanente sur mes pieds une fois que je suis assise dans le canoë. Aussi ces phrases comme

« redresse un coup lou » 
« je vais checker la carte »
« attention rocher droit devant »
« on arrive bientôt » 

Ce sont toutes les émotions qui se mélangent, et je me sens le cœur lourd, mais tellement léger à la fois. Il me reste quelques instants de liberté dans ce paradis sans fin.

Nous passons l’écluse avec un peu d’attente (l’éclusier a effectivement l’air d’avoir 92 ans). Nous n’avons pas tout à fait compris le principe, mais c’était sympa.

Quelques instants après, nous nous arrêtons au refuge 73, pour quelques instants de réflexion. Après quelques larmes (car la décision de rejoindre le camp avant ce soir marque la fin de notre aventure), nous rechargeons le matériel pour la dernière fois… Ces petits gestes qui étaient pesants sont tellement précieux aujourd’hui, maintenant.

Une dernière fois

La traversée du dernier lac est comme une nouvelle bouffée d’oxygène, on doit en profiter encore une dernière fois, on doit savourer. Nous arrivons déjà au SilverLake Basecamp, la où tout a commencé, et sommes accueils par l’éco-team comme des warriors. On décharge le canoë pour la dernière fois et le nettoyons. Un dernier coup d’œil au 52 et on le repose là où nous l’avons pris il y a 6 jours.

On trie nos affaires, nettoyons le set de cuisine et nous accordons quelques instants pour prendre conscience que ça y est, c’est la fin de l’aventure, nous y sommes arrivées et nous sommes fières, mais nous aurions aimé que ça continue encore et encore. Toutes les bonnes choses ont une fin, les meilleures aussi.

Après avoir installé la tente et sans trop de perspective de la soirée, nos 6 acolytes recontrés ici nous rejoignent et nous partageons encore quelques moments autour d’un chips, d’une pizza puis d’un dernier feu tous ensembles. Voilà encore un petit bonheur de la vie, il faut en prendre conscience.

C’est la gorge serrée que je termine cette update du jour, c’est notre dernière nuit en Suède et j’ai toujours autant envie de voyage qu’au premier jour.

J’ai réussi, nous avons réussi, nous avons trouvé un amour plus fort que jamais, nous nous sommes surpassées et nous y sommes arrivées.

Tristes de la fin mais conscientes de la chance que nous avons eu de faire ce voyage, nous nous couchons l’esprit léger, même si les tracas du quotidien qui s’étaient évaporés de notre esprit depuis une semaine nous rattrapent déjà.

Tant qu’elle est avec moi, je l’aime ce quotidien.

Voilà, nulle mot supplémentaire ne pourraient parler d’avantage des étoiles qui brillent dans mes yeux à cet instant, rien que par le souvenir. C’était le voyage du dépassement de soi, des coups de soleil, des fous rires, du domptage des vagues du Vastra Sillen, de la liberté, de la plénitude, du retour à soi, de la prise de conscience, des rencontres de personnes extraordinaires et surtout c’était le voyage-déclic. Alors merci à tous, de nous avoir permis de vivre ça.

Enfin, à nous, à vous et encore une fois, pour ce voyage, merci la vie. Prenez soins de vous, a l’année prochaine et d’ici là, hauts les cœurs.

Claire
The Canoe Trip – 2020