cueillez aujourd’hui les roses de la vie

cueillez aujourd’hui les roses de la vie

Un rêve à cocher un jour dans la dream-list

Le retour est étrange. L’impression qu’il manque quelque chose…

Au départ, c’est un rêve à cocher un jour dans la dream-list, le tout premier. Mais quand le destin provoque LE méchant accident de la vie, on réalise qu’il faut commencer à cocher la case, et vite !

Février 2020 m’apporte la mauvaise nouvelle, en pleine pandémie. On m’enlève le poumon droit en avril, et pour la première fois, j’ai peur d’y rester. Remise, je me plonge dans les recherches du meilleur rapport qualité prix pour la Laponie, je trouve Voyages Laponie. Oui, il faut attendre encore une année que les exigences sanitaires permettent le voyage, mais c’est enclenché.

Christiane Lepotauxfées 6

C’était mon voeu, il a été exaucé

Février 2022, hop ça devient vrai. J’arrive tard à Rovaniemi, tout est symphonie de noir et blanc, la magie commence à opérer. Premier dîner, un hamburger de renne, généreux, surprenant, délicieux… saviez vous que les Sami, à l’époque de l’ouverture des routes commerciales, vivaient non pas de la viande, mais du lait des femelles et de ses dérivés ? L’aventure commence par l’exploration du village du père Noël, et une petite expédition “en ville”. Je découvre des finlandais attentifs, serviables, souriants, charmants, quel plaisir. Ce constat ne se démentira pas de tout le séjour. Les aurores boréales sont au rendez-vous dès le deuxième soir, dans la plaine derrière la station service, accessible à pied. Les lueurs sont imperceptibles, et se révèlent fugaces, changeantes, magiques quand même. C’était mon voeu, il a été exaucé. Je retiens l’explication “technique “du phénomène, avec mes mots de néophyte, ce sont des éclaboussures de soleil qui rebondissent sur l’atmosphère.

Rémi vient chercher le groupe pour la balade en traîneau avec les chiens. Il faut comprendre leur comportement avant de les conduire : le dominant, qui peut être une femelle, mène l’attelage, il est respecté de ses congénères. L’ensemble montre une grande impatience au départ : aboiements, sauts sur place, quelquefois même réussit à faire bouger le traîneau avec le frein bien enfoncé dans la neige….et c’est parti pour des paysages féeriques sous un soleil magnifique. La glisse est quelquefois ralentie, interrompue par un besoin naturel, nous avons été prévenus, et les autres chiens en profitent pour mâcher de grandes goulées de neige qui calment leur soif. De retour au chenil, c’est le moment gratouilles et câlins avec nos chiens, dont les caractères sont bien évidents. Certains sont sur la réserve, d’autres sont en demande, il faut donner sans compter ! Puis arrive le moment où le groupe- précisons un groupe de huit personnes, loin des tour opérators de masse – est convié dans une cabane en bois, pour boire un jus de baies chaud et découvrir la fameuse soupe de saumon. Elle est donnée pour être incontournable dans les guides touristiques. Oh, que c’est vrai, que c’était bon…Notre accompagnatrice, une jolie jeune femme prénommée Sini, ne se fait pas prier pour la recette, recette que j’ai partagée sur le groupe Facebook en récoltant 80 likes (waouh), merci Sini !

C est elle aussi qui reste avec nous pour la pêche sous la glace, et qui nous explique que le poisson peut rester des heures en sur-place en demi sommeil , le nez sur l’appât, et qui décide au dernier moment s’il mordra. Ou pas.

Christiane Lepotauxfées 2
Christiane Lepotauxfées 1

des flocons-paillettes qui pleuvent du ciel

Mercredi, il neige beaucoup, le matin je filme la neige qui tombe avec le soleil en arrière plan. Ce n’est pas que de la neige, ce sont des flocons-paillettes qui pleuvent du ciel, c’est si joli ! C’est un temps idéal pour aller goûter le fameux saumon de Salmon Place dans le village. Il faut faire la queue-ou revenir- mais cela vaut la peine. Dans une simple cabane de bois, est servi un énorme morceau de poisson qui a cuit sous nos yeux, au contact des flammes. Avec quoi le saumon est-il frotté avant cuisson ? Du sel aromatique, des herbes, des condiments ? Pas moyen de le savoir…Mais là encore, c’est un festin de reine.

Notre groupe doit ce soir chasser ensemble les aurores boréales sur un lac gelé, j’ai hâte. Mais il s’avère que le temps n’est pas favorable, et s’il y a des alertes, la couverture nuageuse est trop dense pour en apercevoir. Sur place, Rémi allume un feu , et c’est parti pour une séance de grilli makkarra (saucisses grillées ), et marshmallows au feu de bois. miam.

Demain, chouette, c’est motoneige. Dans un environnement entièrement repoudré de la veille, c’est tout simplement su-bli-me .Nous sommes guidés sur des chemins qui crissent sous la lame des skis à l’avant des motos, et la conduire se révèle plus sportive que prévu, car il faut redresser le guidon à la force des poignets et des bras. Arrivé dans un champ immense et vierge de toute trace, le groupe est lâché, à nous l’ivresse de la vitesse…et la surprise de se retrouver enneigé, dès la décélération… Pas grave, on creuse, on dégage, on recommence, gaaaaaz ! Ça finit trop vite.

Sur la fin de mon séjour, je vais voir les rennes et ce que je constate sur place au village ne me plaît pas : des animaux harnachés, attachés avec des longes trop courtes, qui tirent la langue en même temps que leur traîneau. Ce n’est pas une espèce destinée à être sociabilisée, ni exploitée ainsi. Lisez ce que vous trouverez sur les élevages du passé, vous comprendrez. Les échos que j’entends d’autres groupes qui ont visité des fermes de rennes (comme le propose Voyages Laponie) sont meilleurs, c’est rassurant. Un petit coucou avant de partir à Monsieur père Noël, qui permet exceptionnellement un retour en enfance en grimpant sur ses genoux, trop sympa.

A vous qui me lisez, tirez des leçons de mon expérience. Comme le disait si justement Ronsard : “vivez aujourd’hui n’attendez à demain, cueillez aujourd’hui les roses de la vie”. Un merci tout spécial à Pauline , pour sa patience à répondre à toutes les questions dont je l’ai inondée 😉

Écrit par Christiane