Des rencontres et des inattendus

Un couché de soleil parmi tant d’autres @lemondeourien

Des rencontres et des inattendus

Tout a commencé un après-midi comme un autre dans notre petite vie d’étudiant en période de Covid. C’est notre ami Quentin qui nous a parlé pour la première fois du Canoë trip en ayant vu un post par hasard sur Facebook. Un post plein de promesse d’aventure, de découvertes et de dépaysement. Il ne nous a pas fallu plus de 10 minutes pour en avoir l’eau à la bouche : une semaine sur les lacs en Suède, seul dans la nature. C’est ça qu’il nous fallait après des mois de confinement, le grand air.

” Vous avez déjà entendu parler du Canoë Trip ? “

Une tente, un sac à dos, un matelas confortable, des chaussures d’eau, une tasse pour les apéros Ricard, nous voilà prêts pour le grand départ ! C’est après 20h de car que nous apercevons pour la première fois les lacs suédois. Ni une, ni deux, nous voilà concentrer en écoutant les différentes instructions des Rangers avant de prendre le large. Les canoës 1 et 9 seront nos bolides pour la semaine.

” Rame à droite, à droite ! Rocher ! J’ai dit à droite”

“N’hésite pas à pagayer surtout”

“Arrête de te pencher tu vas nous foutre à l’eau”

Bien que les lacs suédois semblent calmes et lisses, ils réservent parfois quelques surprises. C’est ce que nous avons vite compris quand le vent s’est levé et que les petites vagues qui nous aidaient à avancer jusque-là, ont commencé à vouloir nous faire chavirer.

Mais pas besoin d’être un grand sportif pour participer, à condition bien sûr que votre coéquipier face le travail avec vous !

S’orienter

” C’est l’île qu’on voit sur la carte ça ? Non je crois que c’est plutôt celle-là, regarde la forme c’est plus ressemblant”

“On est trop loin là non ? On a dû rater le bras”

Loin de nos GPS habituels, nous arpentons les côtes à la recherche de notre Shelter pour la nuit. Le jeu des sept différences vous connaissez ? Eh bien ici, c’est à peu près la même chose pour se repérer sur les grands lacs :  reconnaitre les îles, se repérer par rapport aux courbures de la côte.

Un après-midi où nous désespérions de trouver le petit bras qui nous permettrait de rejoindre le passage terrestre, un Suédois, sorti de nulle part nous indiqua un chemin secret entre les roseaux. À la sortie de ce raccourci, nous avons découvert un couple d’aigle surveillant les alentours de leur nid.

Dormir sur une île et faire un repas d’aventurier

C’est un peu penché pour mettre la tente non ? Il y a moins de racines là-bas”

“Les gars à 10 h 30 on est partis”

Même chanson matin et soir, montage et démontage de tente, chargement et déchargement du canoë. Les règles pour trouver le meilleur spot où faire son campement sont simples : face à la vue de préférence, sur un terrain le plus plat possible pour ne pas rouler sur son partenaire la nuit, sans racine et surtout ne pas trainer pour éviter de monter le camp dans le noir.

Nous étions parfois surpris de cet esprit d’aventurier que nous n’avions encore jusque-là jamais soupçonné : aller ramasser du bois pour allumer un feu comme dans Koh-Lanta (ou presque), identifier des fruits sauvages, explorer des îles et surtout apprendre à pêcher.

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” J’hésite entre le Goulash ou le Chili Con Carne pour ce soir, tu prends quoi toi ?”

” Je prépare l’apéro, je peux avoir le couteau pour le saucisson ?”

“Quelqu’un peut aller chercher l’eau pour le Ricard ?”

Sans doute le moment le plus important de la journée : l’apéro. Première étape, trouver le spot parfait. Ensuite, préparer le Ricard, les chips et les morceaux de saucisson. Celui-ci avait d’ailleurs le malin plaisir de glisser à chaque fois au fond du tonneau, nous obligeant à tout vider pour le récupérer.

Des paysages et des rencontres inoubliables

Vite, passe-moi l’appareil photo, c’est trop joli là”

“Clic, clic, clic”

Vas-y j’en refais une quand tu pêches”

3 batteries pour l’appareil photo, une batterie externe et un chargeur solaire, voilà nos munitions pour la semaine. On partait avec l’idée de remplir nos cartes mémoires d’images spectaculaires. C’était sans compter sur la vitesse à laquelle les journées passaient. Nous ne sommes pas rentrés avec des cartes mémoires pleines mais avec des souvenirs plein la tête.

“Where do you come from?”

“Is it your first time in Sweden?”

Des rencontres, des échanges de cultures, des discussions avec un anglais approximatif autour du feu de camp. On a croisé des couples d’allemands, un père et son fils venus vivre l’aventure à deux, un militaire parti seul qui nous a appris à pêcher, des scouts avec des tentes de luxe. Ces personnes avec qui on a simplement partager un moment au coin du feu à se raconter nos journées et nos expériences.

“J’ai l’impression que ça fait des mois que l’on vit ici”

Ce voyage était une réelle déconnexion avec notre vie de tous les jours. On ne regardait jamais l’heure, notre vie était rythmée par les coups de pagaie et les gargouillis de nos estomacs.

La vie en extérieur a été une découverte pour nous. Faire à manger dehors, laver la vaisselle dans les lacs face à la vue, se doucher à 9h du matin dans l’eau fraîche, s’endormir en regardant le paysage et pas nos écrans, les pipis natures à se demander si quelqu’un nous voit. Enfin toutes ces choses qui sont devenues notre quotidien le temps d’une semaine ! Ce mode de vie auquel on était habitué et qu’on a du trop rapidement laisser derrière nous !

@lemondeourien

Écrit par les canoes trippers Ariane et Theo