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« Regarde, pour tourner le canoë suffit de se mettre debout et de se pencher… Comme sur un skateboard ! »

Cette phrase cauchemardesque restera à jamais graver dans nos esprits. Nous sommes sur le lac Immeln, il est tard et la journée touche à sa fin. Nous avons pagayé toute la journée, nous avons faim, nous ne savons pas ce qui nous attends.

Il se penche et penche et penche…

Ingénieur de formation, Vincent nous explique les lois de la physique. C’est logique, si vous mettez votre poids d’un côté du canoë, celui-ci va suivre le mouvement et finir par tourner. Désireux de nous faire une démonstration, il se lève donc, apparemment confiant. Il se penche… Rien. Il se penche plus… Toujours rien. Apparemment frustré, il se penche une nouvelle fois en y ajoutant un mouvement d’oscillation… Rien. Ah si… Plouf !

‘Amusez d’avance, je me retourne pour m’offrir à un spectacle inattendu.’

Vincent est dans l’eau, pendu au canoë qui menace de se retourner à tout instant ! Benjamin toujours bien assis, s’accroche désespérément au bord. Très rapidement, tout semble se régler… C’est sans compter sur la quantité astronomique d’eau qui est rentrée dans l’embarcation.

Nous l’aiderons ?

Un sceau à la main, Vincent commence à écoper. Sauf qu’avec sa délicatesse légendaire, sur le temps qu’il en vide un, deux rentrent dans le canoë ! Sur mon bateau je propose gentiment à Louis, mon partenaire de navigation, d’aller leur donner un coup de main. Il ne trouve rien de mieux à répondre que

« Non attends c’est drôle. ».

Mes yeux croisent le regard paniqué de Benjamin… Et pour cause, il avait perdu sa rame qui voguait au loin… Et son éponge, à jamais perdue (bonjour la vaisselle après). Je finis par raisonner Louis et nous allons chercher la rame qui se fait la malle.

La nourriture hydratée

À notre retour, le niveau de flottaison du canoë de Benjamin et Vincent a facilement baissé de 10 cm. Chaque mouvement de l’un des deux trippers fait rentrer toujours plus d’eau. Les sacs commencent à flotter… Dans le canoë ! La nourriture déshydratée n’a absolument plus rien de déshydratée et plus besoins de gourdes pour s’abreuver ! Sans un coup de main, c’est sur ils vont couler !

En s’arrimant à leur bateau on finit par les stabiliser et ils peuvent écoper pendant une bonne heure. Voyant une berge relativement proche, les deux décidèrent de poser pied… Ce n’était malheureusement pas de la terre mais bien un marécage qui avala la chaussette de Vincent… À tout jamais !

Nous avions prévu de dormir en forêt ce soir-là. Une fois à terre tant bien que mal, les chaussures de Benjamin et Vincent servent de mini piscines portatives. Louis regarde la forêt et nous lâche

« Je ne la sens pas, elle est trop touffue. »

On ne sait toujours pas ce qu’il espérait d’une forêt mais quoi qu’il soit, nous voila repartit sur l’eau ! La deuxième forêt visitée était à l’inverse « trop urbaine » pour mon partenaire de navigation. Il aura donc fallu un naufrage, 3 forêt, une éponge et une chaussette perdues avant de pouvoir installer la tente !

Fort heureusement pour nous, après un séchage intensif au coin du feu, une bonne nuit de sommeil et un bon repas, nous étions repartit pour d’autres histoires !

Thibault
The Canoe Trip – 2020